Cinq ans après son départ du pouvoir, Peter Mutharika reprend les rênes du Malawi. L’ancien président a été largement élu avec 56,8 % des voix, selon les résultats officiels proclamés par la Commission électorale, battant le président sortant Lazarus Chakwera, qui a obtenu 33 % des suffrages exprimés le 16 septembre 2025.
Avant même la confirmation des chiffres définitifs, Chakwera avait reconnu sa défaite dans une allocution télévisée, saluant le travail de la commission et appelant à un examen transparent des irrégularités signalées dans certaines circonscriptions.
Selon l’analyste politique Boniface Dulani, cette victoire de Mutharika reflète moins un soutien massif à sa personne qu’un désaveu du mandat de Chakwera, plombé par une situation économique alarmante. Sous la présidence de ce dernier, plus de 70 % des Malawites vivaient avec moins de 2 dollars par jour, alors que l’inflation dépassait les 30 %.
Peter Mutharika revient au pouvoir dans un contexte économique critique :
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pénuries chroniques de carburant
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dette publique à des niveaux records
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taux de chômage élevé
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insécurité alimentaire croissante
Le nouveau chef de l’État devra agir vite pour restaurer la confiance, notamment auprès des bailleurs internationaux, et mettre en œuvre ses promesses sociales, telles que la gratuité de l’enseignement secondaire et des subventions agricoles renforcées
Son parti, le Parti progressiste démocrate (DPP), affirme vouloir instaurer une tolérance zéro envers la corruption, un enjeu clé dans un pays marqué par plusieurs scandales ces dernières années.
La reconnaissance rapide de la défaite par Chakwera et l’ambiance apaisée qui a suivi les élections sont perçues comme un signe de maturité démocratique. La passation de pouvoir attendue dans les jours à venir devrait permettre au Malawi d’ouvrir un nouveau chapitre politique, même si les obstacles sont nombreux.




