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Burkina Faso : un vaste réseau de corruption éclabousse douaniers, magistrats et un avocat.

Un scandale d’une ampleur inédite secoue les institutions burkinabè. Le Comité d’Orientation de la Refondation de l’État et de l’Action Gouvernementale (KORAG) a révélé un réseau de corruption tentaculaire impliquant des agents des douanes, plusieurs magistrats et un avocat de la Cour d’appel de Ouagadougou.

L’affaire, exposée par le porte-parole du KORAG, le Capitaine Farouk Azarias Sorgho, trouve son origine dans une enquête menée par l’Autorité Supérieure de Contrôle d’État et de Lutte contre la Corruption (ASCE-LC).

Tout a commencé par des dénonciations visant des agents en poste à la Coordination Nationale de Lutte contre la Fraude (CNLF) à Ouaga Inter. Ces fonctionnaires exigeaient, selon les témoins, des sommes allant de 100 000 à 150 000 F CFA, sans quittance, pour laisser passer des camions pourtant en règle.

L’enquête ouverte en mai 2021 a permis de retrouver d’importantes sommes d’argent dans les bureaux et domiciles des agents. Douze témoins, parmi lesquels des transporteurs et commerçants, ont confirmé avoir versé ces pots-de-vin.
Des preuves matérielles accablantes, dont des vidéos et aveux, ont conduit à l’interpellation de treize douaniers pour corruption et blanchiment de capitaux.

Mais à la surprise générale, le dossier a été classé sans suite par le juge d’instruction en juillet 2024, décision confirmée par la Cour d’appel en août 2025.

Le KORAG dénonce une « mascarade judiciaire », estimant que les preuves avaient été volontairement ignorées.

L’affaire a pris une tournure encore plus grave lorsque les douaniers incriminés ont réussi à obtenir, par l’entremise de magistrats, l’identité des dénonciateurs. Pire encore, l’un d’eux aurait corrompu un juge pour faire condamner un témoin.

Pour le Capitaine Sorgho, cette fuite d’informations est une faute grave qui met en péril les citoyens et sape les mécanismes de dénonciation censés protéger les lanceurs d’alerte.

Les investigations ont par ailleurs permis de découvrir un réseau parallèle dans le milieu judiciaire, impliquant dix magistrats (dont un président de chambre, un procureur général et plusieurs substituts) ainsi qu’un avocat. Ils sont accusés d’avoir reçu des sommes d’argent en échange d’actes de corruption et d’influence.

Le Capitaine Sorgho a dénoncé la corruption, la concussion et la lenteur judiciaire qui fragilisent la confiance dans la justice burkinabè. Il a rappelé que cette institution devrait rester « un repère moral pour la société ».

Le KORAG a réaffirmé la détermination du président Ibrahim Traoré à moraliser la vie publique et à assainir le système judiciaire. Des sanctions disciplinaires et des poursuites pénales sont annoncées contre tous les acteurs impliqués.

Enfin, le Comité appelle les citoyens à rester vigilants et à soutenir la refondation d’un État intègre, juste et souverain, fidèle aux valeurs du Burkina Faso.

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