Le couperet est tombé. Depuis le 1er janvier, 24 policiers et 24 chauffeurs ont été retirés aux anciens Premiers ministres et ministres de l’Intérieur français, mettant fin à des avantages automatiques et illimités qui faisaient débat depuis des années. L’information a été confirmée par Matignon et relayée par plusieurs médias français, dont franceinfo.
Cette décision s’inscrit dans une réforme annoncée dès la mi-septembre par le Premier ministre Sébastien Lecornu, dans un contexte de fortes tensions budgétaires. Objectif affiché : mettre un terme à des dispositifs jugés excessifs et déconnectés de la réalité des risques sécuritaires.
Contrairement à certaines interprétations, il ne s’agit pas d’un abandon pur et simple de la protection des anciens responsables de l’exécutif. « L’objectif n’est pas la suppression de toute protection, mais la rationalisation de l’usage des dispositifs existants », précise le ministère de l’Intérieur.
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Dans les faits, 11 officiers de sécurité et 11 chauffeurs ont été retirés aux anciens Premiers ministres, tandis que 13 policiers et 13 conducteurs ont été libérés pour les anciens ministres de l’Intérieur. Des figures politiques de premier plan comme Jean-Marc Ayrault, François Fillon ou Jean-Pierre Raffarin figurent parmi les bénéficiaires de ces anciens avantages désormais supprimés.
Le nouveau cadre est clair :
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Les anciens Premiers ministres conservent un véhicule avec chauffeur pendant dix ans, et non plus à vie.
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La protection policière est limitée à trois ans pour les anciens Premiers ministres et à deux ans pour les anciens ministres de l’Intérieur.
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Au-delà, elle n’est maintenue qu’en cas de menace avérée, évaluée par les services spécialisés de la police nationale.
Selon Beauvau, la notoriété peut constituer un facteur de risque, ce qui explique pourquoi certains responsables politiques, comme Manuel Valls, Bernard Cazeneuve, Christophe Castaner ou encore Édouard Philippe, continuent de bénéficier d’une protection spécifique.
En annonçant cette mesure en septembre sur le réseau social X, Sébastien Lecornu avait assumé un message politique fort :
« S’il est normal que la République protège les personnes menacées, il n’est pas concevable qu’un statut temporaire ouvre droit à des avantages à vie. »
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Dans la presse régionale, le chef du gouvernement avait également insisté sur l’exemplarité :
« On ne peut pas demander aux Français de faire des efforts si ceux qui dirigent l’État n’en font pas. »
Cette réforme s’inscrit dans la révision du décret du 20 septembre 2019 encadrant les avantages accordés aux anciens Premiers ministres, avec une instruction transmise au Secrétariat général du gouvernement pour adapter durablement le dispositif.




