Pour renforcer la surveillance de ses frontières, l’Inde étudie une option pour le moins surprenante : le déploiement de reptiles, notamment des serpents et des crocodiles, dans certaines zones frontalières. Une piste évoquée par des responsables de la sécurité, selon des propos rapportés par l’AFP.
La frontière entre l’Inde et le Bangladesh s’étend sur plus de 4 000 km. Elle traverse des zones complexes faites de deltas, de mangroves et de marécages, souvent dépourvues de clôtures.
Dans l’État du Bengale occidental, seuls 1 647 km sur 2 216 sont sécurisés par des barrières, laissant de larges portions vulnérables aux passages clandestins.
Selon Manoj Barnwal, officier de la Border Security Force (BSF), l’idée consiste à exploiter les zones fluviales non protégées en y introduisant des reptiles pour dissuader les traversées illégales.
Mais cette approche soulève de nombreuses interrogations :
- Comment contrôler ces animaux ?
- Quels risques pour les populations locales ?
- Quel impact environnemental ?
L’officier reconnaît lui-même qu’il s’agit d’une « idée innovante », mais complexe à mettre en œuvre. Une étude de faisabilité a été demandée aux unités sur le terrain.
Depuis l’arrivée au pouvoir en 2014 de Narendra Modi, la lutte contre l’immigration clandestine est devenue une priorité, notamment en provenance du Bangladesh.
Les relations entre New Delhi et Dacca se sont d’ailleurs tendues depuis 2024, après la chute de Sheikh Hasina, aujourd’hui en exil en Inde.
Dans ce contexte, la visite du chef de la diplomatie bangladaise, Khalilur Rahman, intervient à un moment clé pour apaiser les tensions.
Si cette proposition reste à l’état de réflexion, elle illustre la volonté de l’Inde d’explorer des solutions atypiques pour sécuriser ses frontières.
Reste à savoir si une telle mesure, aussi radicale que controversée, pourrait réellement voir le jour sans soulever de vives critiques, tant sur le plan humain qu’environnemental.




