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« Le peuple demeure la source du pouvoir » : le premier discours fort d’Ousmane Sonko au perchoir.

Élu président de l’Assemblée nationale du Sénégal avec 132 voix sur 133, Ousmane Sonko a livré ce mardi un discours d’investiture marqué par des appels à la responsabilité politique, à l’éthique publique et au renforcement du rôle du Parlement dans la gouvernance du pays.

L’ancien Premier ministre prend officiellement la tête de l’institution parlementaire après un scrutin largement dominé par le groupe PASTEF, dans un contexte politique encore sensible après son départ du gouvernement et la démission du président sortant de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye.

Le vote, supervisé par le Premier vice président Ismaïla Diallo, s’est déroulé sans véritable opposition. Sur 133 votants, Ousmane Sonko a recueilli 132 voix, avec une seule abstention et aucun bulletin nul.

Cette élection intervient quelques heures seulement après sa réintégration officielle comme député au cours de la même séance plénière. Une séquence politique qui renforce davantage son poids institutionnel au sommet de l’État sénégalais.

Dans son allocution, le nouveau président de l’Assemblée nationale a insisté sur la portée morale de sa mission. Selon lui, le Parlement doit devenir « le cœur battant de l’exigence éthique », dans un Sénégal confronté à de fortes attentes en matière de gouvernance et de transparence.

S’appuyant sur des références historiques et spirituelles, Ousmane Sonko a défendu une pratique du pouvoir fondée sur la responsabilité, la dignité et la fidélité à la volonté populaire. Il a rappelé que les fonctions publiques restent temporaires, mais que « le peuple demeure la source du pouvoir ».

Le leader du PASTEF a également tenu à clarifier sa vision du rôle du Parlement. Il a affirmé que l’Assemblée nationale ne sera pas utilisée comme un instrument de blocage politique ou de confrontation permanente avec l’exécutif.

« Il ne s’agira pas d’organiser le chaos institutionnel », a-t-il notamment déclaré, tout en assurant que le Parlement exercera pleinement ses missions constitutionnelles, notamment le contrôle de l’action gouvernementale, l’évaluation des politiques publiques et le vote des lois.

Face aux députés, Ousmane Sonko a aussi lancé un appel à l’unité républicaine, invitant majorité et opposition à dépasser les rivalités partisanes pour préserver la stabilité des institutions sénégalaises.

Cette nouvelle étape politique intervient alors que le Sénégal connaît également une recomposition au sein de l’exécutif avec la nomination récente d’Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo au poste de Premier ministre.

Entre recomposition institutionnelle et redistribution des équilibres politiques, le Sénégal ouvre ainsi une nouvelle séquence où l’Assemblée nationale pourrait jouer un rôle plus central que jamais dans la conduite des affaires publiques.

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