Un dénouement à la fois bouleversant et lourd de conséquences vient de marquer la fin de trois années d’angoisse pour une mère ivoirienne. Enlevée en 2023 à Abobo alors qu’elle n’était encore qu’un nourrisson, une fillette âgée aujourd’hui de trois ans a été retrouvée le mardi 12 mai 2026 à Issia par sa mère biologique, B. Rokia.
Cette découverte a été rendue possible grâce à une enquête menée par le commissariat d’Issia, qui a progressivement mis au jour une affaire bien plus vaste impliquant un présumé réseau d’enlèvements et de recel de mineurs.
Tout commence en 2023 dans la commune d’Abobo. Lors d’une cérémonie familiale, la mère perd la trace de son bébé âgé de seulement deux mois et demi. Malgré les recherches immédiates dans les hôpitaux, les quartiers voisins et les commissariats, aucune piste ne permet de retrouver l’enfant. L’affaire s’enlise, laissant la famille dans une longue période d’incertitude.
Le tournant intervient en mai 2026 à Issia. Les forces de l’ordre sont saisies d’une plainte signalant la disparition de deux enfants. Une jeune femme de 20 ans, D. Waraba, est alors interpellée le 7 mai, soupçonnée d’implication dans plusieurs cas d’enlèvements.
C’est cette arrestation qui ravive l’espoir de B. Rokia. Alertée par l’affaire, elle se rend à Issia et mène ses propres recherches sur place. Le 11 mai, elle repère une fillette dans une cour privée. La ressemblance avec ses autres enfants la frappe immédiatement.
Elle demande des explications à la responsable des lieux, S. Nafou, qui affirme être la mère de l’enfant. Face au refus de la laisser repartir avec la fillette, la mère biologique alerte la police.
L’enquête bascule rapidement. Les voisins sont formels : S. Nafou n’était pas enceinte et la fillette aurait été introduite dans le foyer par sa fille, déjà connue des services pour des faits similaires.
Placée en détention pour une autre affaire, D. Waraba finit par reconnaître les faits lors de son audition le 19 mai 2026. Elle admet avoir enlevé l’enfant à Abobo en 2023 avant de la confier à sa mère.
Confrontée à ces révélations, S. Nafou passe à son tour aux aveux. Elle explique avoir accepté l’enfant pour compenser son incapacité à concevoir. Pour donner une apparence légale à la situation, elle aurait fait établir de faux documents administratifs, dont un carnet de santé et un acte de naissance.
Elle a été placée sous mandat de dépôt le 22 mai 2026 pour complicité d’enlèvement de mineur. Un test ADN a été ordonné afin d’établir formellement la filiation entre la fillette et sa mère biologique.
Au delà du choc émotionnel, l’affaire prend une dimension plus large. Selon les aveux de la principale suspecte, d’autres enfants auraient été enlevés et placés dans différentes localités du pays, notamment à Odienné et Issia.
Les autorités poursuivent les investigations, alors que l’hypothèse d’un réseau structuré de trafic de mineurs en Côte-d’Ivoire est désormais sérieusement envisagée.



