La contestation prend de l’ampleur au Kenya. Ce mardi 9 juin 2026, de nouvelles manifestations ont éclaté à Nanyuki contre un projet controversé de centre de quarantaine destiné à accueillir des ressortissants américains touchés par le virus Ebola. Alors qu’aucun cas de la maladie n’a été recensé dans le pays, une partie de la population redoute les conséquences sanitaires et économiques de cette initiative.
Depuis plusieurs semaines, le projet suscite une forte opposition dans cette ville située à environ 200 kilomètres de Nairobi.
Les habitants craignent avant tout l’introduction du virus Ebola sur le territoire kényan. Bien que les autorités assurent que des protocoles de sécurité stricts seront appliqués, de nombreux riverains refusent de voir un centre de quarantaine installé à proximité de leur communauté.
Les inquiétudes concernent également l’économie locale. Nanyuki est l’une des principales portes d’entrée vers le Mont Kenya et attire chaque année de nombreux visiteurs. Les commerçants et acteurs du tourisme redoutent que l’image de la ville soit affectée par l’association avec une maladie aussi redoutée.
La situation est restée particulièrement tendue ce mardi. Dès les premières heures de la matinée, d’importants effectifs policiers ont été déployés dans les rues de Nanyuki afin d’empêcher tout débordement.
Plusieurs centaines de manifestants ont tenté de se rassembler pour dénoncer le projet. Les forces de l’ordre sont intervenues à plusieurs reprises en utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les rassemblements.
Les protestataires ont multiplié les actions symboliques pour attirer l’attention. Certains ont défilé avec de faux cercueils tandis que d’autres portaient des équipements de protection médicale afin d’illustrer leurs craintes face à une éventuelle arrivée du virus.
L’opposition populaire intervient alors que le projet fait également l’objet d’une bataille judiciaire.
Depuis le 28 mai, la justice kényane a ordonné la suspension du projet de centre de quarantaine. Malgré cette décision, plusieurs informations relayées par l’agence Reuters indiquent que des avions militaires américains auraient déjà acheminé du matériel et du personnel vers la base aérienne concernée.
Cette situation alimente davantage les soupçons et les inquiétudes des populations locales.
Face à la polémique grandissante, les autorités kényanes multiplient les interventions publiques.
Le ministre de la Santé a notamment assuré que les infrastructures prévues pourraient également bénéficier aux patients kényans et qu’aucune menace sanitaire ne pèserait sur la population. Mais ces arguments peinent à convaincre les opposants au projet. Pour de nombreux habitants, le risque demeure inacceptable. Plusieurs manifestants ont répété leur refus catégorique de voir le virus Ebola associé à leur ville, malgré les garanties avancées par le gouvernement.
La mobilisation contre le projet ne date pas d’aujourd’hui.
La semaine précédente, plusieurs centaines de personnes étaient déjà descendues dans les rues de Nanyuki. Ces manifestations avaient dégénéré et entraîné la mort de deux personnes, illustrant le niveau de tension autour de ce dossier sensible.
Entre préoccupations sanitaires, enjeux économiques et questions de souveraineté, le projet de centre de quarantaine continue de provoquer un vif débat au Kenya.
Alors que la justice a suspendu temporairement sa mise en œuvre, les manifestations montrent que la défiance reste forte au sein d’une partie de la population, déterminée à empêcher l’installation de cette infrastructure près de Nanyuki.




