Le procès d’un militaire burkinabè accusé d’avoir tué sa compagne a pris une tournure décisive devant la chambre criminelle du Tribunal de grande instance Ouaga I. Le ministère public a requis la réclusion criminelle à perpétuité contre l’accusé, présenté comme un soldat d’élite impliqué dans un drame conjugal survenu en 2025 à Ouagadougou.
Les faits remontent au quartier Zongo, dans la capitale burkinabè. Selon les éléments du dossier, le militaire entretenait une relation de longue durée avec la victime. Des tensions répétées, alimentées par des soupçons d’infidélité et une séparation progressive, auraient profondément détérioré leur relation.
Le jour du drame, la victime aurait été atteinte de six balles, une attaque qui a conduit à sa mort sur le coup selon l’accusation. À la barre, l’accusé a reconnu avoir utilisé son arme de service, tout en affirmant qu’il n’avait pas l’intention de donner la mort. Dans ses déclarations, il a insisté sur le lien affectif qui l’unissait à la victime, déclarant notamment : « Je l’aimais ». Il soutient ne pas comprendre les circonstances exactes ayant conduit aux tirs mortels.
Pour le ministère public, plusieurs éléments laissent penser que le geste n’était pas impulsif. L’accusation affirme que la rencontre entre les deux protagonistes avait été organisée dans un lieu isolé, ce qui pourrait caractériser une préméditation.
Les procureurs estiment que l’ensemble des éléments du dossier constitue bien un assassinat et ont demandé la peine maximale. La partie civile réclame plus de 60 millions de francs CFA de dommages et intérêts pour la famille et l’enfant de la victime.
Elle soutient que le militaire aurait délibérément utilisé son arme de service après une rupture annoncée et des tensions liées à une autre relation supposée.
De son côté, l’Agent judiciaire de l’État a rejeté toute responsabilité de l’administration, estimant que les faits reprochés relèvent strictement de la sphère privée et hors du cadre professionnel.
La défense demande une requalification des faits en meurtre, estimant qu’aucune preuve ne démontre une intention planifiée. Les avocats du prévenu évoquent un geste commis sous le coup de l’émotion, dans un contexte de conflit sentimental intense.
Dans ses dernières déclarations, l’accusé a exprimé ses regrets et présenté ses excuses à la famille de la victime, appelant à la clémence du tribunal.
Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu ultérieurement, dans une affaire qui continue de susciter une forte attention au Burkina-Faso.



