Face à la progression de l’épidémie d’Ebola dans le nord-est de la République démocratique du Congo, le gouvernement congolais a décidé de rendre gratuites les consultations médicales et les soins dans toute la province de l’Ituri. Cette mesure exceptionnelle vise à faciliter l’accès aux services de santé et à renforcer la lutte contre une maladie qui continue de faire de nombreuses victimes.
L’annonce a été faite par le ministre de la Santé, Roger Kamba, lors d’une visite à Bunia et dans la cité minière de Mongbwalu, considérée comme l’un des principaux foyers de l’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo. À travers cette décision, les autorités souhaitent permettre aux populations d’accéder aux soins sans contrainte financière, quelle que soit la pathologie concernée.
La mesure intervient dans un contexte marqué par une forte pression sur le système de santé. Selon les chiffres communiqués par les autorités, l’épidémie a déjà causé 247 décès sur 956 cas recensés dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Cette dernière concentre à elle seule plus de 80 % des cas enregistrés.
Pour le gouvernement, il est essentiel que les efforts déployés contre Ebola ne se fassent pas au détriment de la prise en charge des autres maladies. La gratuité des consultations et des soins vise ainsi à garantir un accès équitable aux services de santé pour l’ensemble de la population.
Le financement de cette politique reposera notamment sur la taxe pour la promotion de la santé, entrée en vigueur en mars dernier. Les autorités comptent également sur le futur système d’assurance maladie obligatoire dont le lancement est annoncé dans les prochaines semaines.
L’Ituri servira de laboratoire pour cette réforme sanitaire. Si les résultats sont jugés satisfaisants, le dispositif pourrait être progressivement étendu à d’autres provinces du pays.
Dans le cadre de la riposte, le gouvernement prévoit également une réorganisation de la prise en charge des malades. Les personnes infectées par Ebola ne seront bientôt plus traitées dans les hôpitaux généraux.
Elles seront orientées vers des centres spécialisés actuellement en cours d’installation. Cette stratégie vise à renforcer la qualité des soins tout en réduisant les risques de transmission du virus au sein des structures hospitalières.
Les autorités congolaises ont aussi annoncé plusieurs mesures en faveur du personnel médical mobilisé sur le terrain. Les familles des soignants décédés des suites d’Ebola recevront une indemnisation.
Par ailleurs, les médecins et agents de santé participant à la riposte bénéficieront d’un doublement de leur prime de risque. Une décision destinée à reconnaître leur engagement dans un contexte sanitaire particulièrement difficile.
À travers cet ensemble de mesures, le gouvernement congolais espère freiner la propagation du virus, réduire les décès à domicile et restaurer la confiance des populations envers les structures sanitaires, un élément essentiel pour améliorer l’efficacité de la lutte contre Ebola en RDC.




