Alors que le pays est endeuillé par une série de noyades tragiques, dont celle de lycéens à Antsanitia ou de trois jeunes à Mantasoa en avril, le commandant Eric Ralaivaonoro, responsable des sapeurs-pompiers de Tsaralalàna, tire la sonnette d’alarme.
Il livre une analyse lucide des risques et propose des gestes qui sauvent. Les points d’eau sont très fréquentés à Madagascar, que ce soit pour se baigner, faire la lessive, pêcher ou prélever du sable. Cette dernière activité est particulièrement dangereuse : elle creuse des cavités invisibles sous la surface. Un simple pas dans l’un de ces trous suffit à perdre l’équilibre, surtout pour ceux qui ne savent pas bien nager. C’est l’une des causes majeures des noyades recensées.
Certaines victimes évoquent une « force mystérieuse » qui les aurait tirées vers le fond. Une idée profondément enracinée dans la culture malgache, notamment autour des rivières et des lacs. Si cette perception reste vivace, elle ne repose cependant sur aucun fondement scientifique, selon le commandant. La première règle : garder son sang-froid. La panique est souvent fatale. Une personne en détresse tente instinctivement de s’accrocher à tout ce qu’elle peut y compris à son sauveteur. Résultat : elle risque de l’entraîner avec elle. Il est donc crucial de rester maître de la situation.
« Face à une victime qui se débat, il faut parfois la neutraliser, quitte à la frapper brièvement », affirme sans détour le commandant Ralaivaonoro. Ce geste, choquant en apparence, vise à empêcher que la personne affolée ne mette en péril la vie du sauveteur. Une fois maîtrisée, elle peut alors être ramenée à la surface dans de meilleures conditions de sécurité.




