L’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop) a lancé un appel à une « endogénéisation stratégique » de la commande publique, dans l’objectif de renforcer la place des entreprises sénégalaises dans les marchés publics, aujourd’hui largement dominés par des firmes étrangères.
À l’occasion d’un atelier stratégique organisé à Dakar ce 24 juillet, le directeur général de l’Arcop, Dr El Hadji Moustapha Djiité, a plaidé pour un repositionnement fort du secteur privé local dans les investissements publics, notamment dans le BTP, qui capte près de 30 % des dépenses d’infrastructure de l’État et représente plus de 200 000 emplois directs. Malgré cette importance, 70 % des marchés publics échappent aux entreprises locales, selon Abdel Kader Ndiaye, président du Syndicat national des entreprises du BTP.
Il dénonce des barrières injustifiées à l’entrée et un accès limité aux retombées économiques des projets d’envergure, alors que le pays affiche un endettement supérieur à 110 % du PIB. Pour corriger cette inégalité, l’Arcop entend mieux valoriser les mécanismes incitatifs déjà prévus par la loi : marges de préférence, allègements de procédures, réservations de marchés en PPP, ou encore contenu local. Des mesures efficaces mais encore peu connues ou mal appliquées.
L’atelier a également proposé plusieurs réformes concrètes : classification des entreprises, amélioration des délais de paiement, simplification administrative, et surtout la création d’un fonds d’investissement souverain « Exim Sénégal », qui serait alimenté par les futures recettes pétrolières et gazières, afin de faciliter l’accès au financement des entreprises sénégalaises. Cette démarche s’inscrit dans l’agenda Sénégal 2050, qui promeut une souveraineté économique assumée, avec pour ambition de bâtir un tissu entrepreneurial national compétitif et autonome.




