Le Bénin renforce le cadre légal du travail temporaire. Un arrêté ministériel pris le 11 avril 2025 vient poser des balises strictes à l’ouverture et à l’activité des agences de placement de main-d’œuvre. Le texte, signé par la ministre du Travail Adidjatou Mathys, entend instaurer plus d’ordre dans un secteur en pleine croissance, mais jusqu’ici peu régulé.
Face à la multiplication des entreprises spécialisées dans la mise à disposition de personnel, le gouvernement met fin à une longue période de flou juridique. Objectif affiché : protéger les travailleurs, souvent précaires, et offrir un cadre de confiance aux employeurs.
L’arrêté ministériel détaille désormais les conditions précises d’agrément, réservant l’activité aux structures qui remplissent les critères exigés par le ministère du Travail.
Les entreprises de placement devront notamment :
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garantir les droits fondamentaux des travailleurs mis à disposition
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établir des contrats conformes à la réglementation
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assurer la transparence des relations contractuelles avec les entreprises utilisatrices
En cas d’infractions, les sanctions iront du simple avertissement au retrait définitif de l’agrément.
Pour faire respecter ces nouvelles obligations, des mécanismes de contrôle sont prévus. L’administration du travail sera chargée de vérifier le respect des textes, d’enquêter en cas d’abus et d’assurer un suivi rigoureux des structures agréées.
Ce nouveau dispositif marque une évolution majeure pour le marché de l’emploi au Bénin. Il s’inscrit dans une volonté plus large de professionnaliser le secteur informel et de garantir un socle minimum de sécurité aux travailleurs.
Avec cette réforme, le gouvernement veut établir un équilibre : sécuriser les parcours professionnels tout en permettant aux agences de placement d’exercer dans des conditions claires. Pour les observateurs du monde du travail, c’est un pas important vers une meilleure protection sociale, en particulier pour les jeunes souvent orientés vers les missions temporaires ou les emplois précaires.



