Ce lundi, Hosée Houngnibo s’est retrouvé une nouvelle fois dans le box des accusés. Le coordonnateur national du mouvement OB26 a comparu devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), après une absence remarquée lors de l’audience précédente.
Il est au cœur d’un dossier sensible mêlant liberté d’expression, dénonciations publiques et accusations d’abus. Cette fois, Hosée Houngnibo est poursuivi pour dénonciation calomnieuse et harcèlement via communication électronique. En ligne de mire, des propos relayés dans les médias concernant ses conditions de détention, qu’il aurait décrites comme inhumaines. Ces déclarations ont rapidement attiré l’attention, mais aussi la colère du régisseur de la prison où il était incarcéré, qui estime avoir été publiquement diffamé.
Déjà condamné par le passé à une amende de 5 millions de FCFA pour harcèlement numérique envers le pouvoir en place, Hosée Houngnibo reste une figure controversée. Proche d’Olivier Boko, il est perçu par ses soutiens comme une cible du régime, tandis que ses détracteurs l’accusent de franchir les limites de la critique politique.
Fait notable lors de l’audience : le régisseur en question, pourtant partie plaignante, n’a pas daigné se présenter. Une absence soulignée par le ministère public, qui insiste sur la nécessité de l’entendre pour éclaircir les faits reprochés. Sans sa présence, le flou persiste autour de la véracité des accusations.
Du côté de la défense, Me Assouma a plaidé en faveur d’une mise en liberté provisoire, dénonçant l’arrestation musclée de son client dès sa sortie de prison. Les avocats rappellent que les propos incriminés n’ont pas été publiés par leur client lui-même, mais relayés par des médias indépendants. Pour eux, rien ne justifie une détention prolongée.
Mais la Cour a tranché : la demande de remise en liberté est rejetée. Le substitut du procureur spécial considère que les faits sont suffisamment graves pour maintenir Houngnibo derrière les barreaux.
Une nouvelle audience est attendue pour octobre. Cette fois, le régisseur plaignant est formellement convoqué. Sa comparution pourrait bien changer le cours de cette affaire très suivie, dans un climat politique où chaque mot compte.




