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Drame à Darfour : un glissement de terrain ravage tout un village, un seul un survivant retrouvé.

Une tragédie sans précédent frappe de plein fouet l’ouest du Soudan. Un glissement de terrain massif, provoqué par de fortes pluies, a totalement enseveli le village de Tarasin, dans une zone montagneuse du Darfour, causant la mort de plus d’un millier de personnes, selon les premiers bilans communiqués lundi 1er septembre par le Mouvement/Armée de Libération du Soudan (SLM).

Le drame s’est produit dimanche dans cette localité isolée des monts Marra, une région difficile d’accès, particulièrement vulnérable aux catastrophes naturelles pendant la saison des pluies. Selon le communiqué du SLM, dirigé par Abdulwahid Nour, « tous les habitants du village ont péri, à l’exception d’une seule personne retrouvée vivante ».

Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent un paysage dévasté : coulées de boue, arbres déracinés, débris de maisons emportés par la force du terrain. Le site, perché dans une vallée encaissée, est désormais inaccessible par voie terrestre, compliquant toute tentative de secours ou de récupération des corps.

Face à l’ampleur de la catastrophe, le SLM a lancé un appel urgent aux Nations unies et aux organisations humanitaires pour organiser une intervention sur place. Le gouverneur du Darfour, Minni Minnawi, rallié au camp de l’armée, a qualifié l’éboulement de « tragédie nationale » et appelé la communauté internationale à intervenir rapidement.

« La situation dépasse les capacités locales. Ce drame exige une mobilisation immédiate », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Mais sur le terrain, les obstacles sont nombreux. Le conflit armé qui ravage le Soudan depuis avril 2023 a rendu de larges zones du Darfour inaccessibles à l’aide humanitaire. Les combats opposent l’armée du général Abdel Fattah al-Burhan aux Forces de soutien rapide (FSR) de Mohamed Hamdan Daglo, dans un conflit devenu l’un des plus meurtriers au monde.

Le glissement de terrain survient dans un contexte déjà marqué par la violence, la faim et les déplacements massifs de populations. La région du Jebel Marra, où se trouve le village détruit, est régulièrement exposée à des risques géologiques, mais l’intensité des pluies cette année a aggravé le danger.

En 2018, un glissement de terrain similaire dans la localité de Toukoli avait fait au moins 20 victimes. Cette fois-ci, le bilan humain est sans commune mesure.

Depuis le début de la guerre civile, le Soudan vit une crise humanitaire d’une ampleur historique. D’après les Nations unies, plus de 14 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays et 4 millions ont fui vers les pays voisins. La famine touche plusieurs régions, y compris le Darfour, où les combats ont bloqué la quasi-totalité des corridors humanitaires.

À El-Fasher, dernière grande ville du Darfour encore tenue par l’armée, les affrontements s’intensifient. Le week-end dernier, au moins 19 personnes ont été tuées lors de frappes aériennes, y compris dans une clinique visée, selon une ONG locale et une source médicale.

Le drame de Tarasin est bien plus qu’un accident isolé. Il illustre la défaillance totale des infrastructures, l’isolement de régions entières et l’incapacité de l’État soudanais à protéger ses citoyens, pris en étau entre guerre, dérèglements climatiques et famine.

Alors que la saison des pluies bat son plein, les risques de nouvelles catastrophes naturelles augmentent, dans un pays déjà brisé par une guerre civile qui ne montre aucun signe d’apaisement.

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