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Guinée : Conakry sous haute surveillance avant les manifestations contre le référendum constitutionnel.

L’atmosphère est tendue dans la capitale guinéenne. Ce vendredi 05 septembre 2025, les forces de sécurité ont été massivement déployées dans les rues de Conakry et sa périphérie, à la suite d’un appel à manifester lancé par l’opposition et plusieurs organisations de la société civile. À l’origine de la contestation : le référendum constitutionnel du 21 septembre convoqué par la junte militaire dirigée par le général Mamadi Doumbouya.

Malgré une pluie battante, des journalistes de l’AFP ont constaté une forte présence policière, notamment dans les quartiers considérés comme des bastions de l’opposition. Aux carrefours et près des marchés, des véhicules de police et de gendarmerie étaient visibles. Des policiers lourdement armés ont pris position à plusieurs points stratégiques. Un véhicule blindé équipé d’un canon à eau a été stationné sur l’une des artères principales de la capitale.

À la mi-journée, aucun mouvement de foule significatif n’avait encore été observé. Les appels à manifester sont de moins en moins suivis, la peur des répressions brutales étant toujours bien présente. Depuis 2022, la junte interdit formellement toute manifestation publique. Plusieurs figures de l’opposition ont été arrêtées, poursuivies en justice ou contraintes à l’exil.

L’opposition accuse le général Doumbouya de vouloir se maintenir au pouvoir par des moyens détournés. Le projet de nouvelle Constitution, dévoilé fin juin, ne précise pas si le chef de la junte pourra se présenter à l’élection présidentielle à venir. Une ambiguïté que ses opposants jugent volontaire, craignant qu’elle ne permette de contourner la « charte de transition » adoptée après le coup d’État de 2021, qui interdisait formellement aux membres de la junte de briguer un mandat électif.

Le référendum du 21 septembre est censé marquer le retour à un régime constitutionnel après le renversement du président Alpha Condé en septembre 2021. Toutefois, pour de nombreux Guinéens, ce vote pourrait plutôt officialiser la prolongation du pouvoir militaire sous une façade démocratique.

La campagne électorale pour le référendum a débuté le 31 août, dans un climat tendu, sous haute surveillance, et sans réelle garantie d’inclusivité politique. L’opposition continue de réclamer des conditions électorales justes et transparentes.

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