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L’Algérie expulse deux agents français de la DGSI arrivés avec des passeports diplomatiques.

Deux agents de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) française ont été refoulés à leur arrivée à Alger, vendredi 9 mai, pour non-respect des procédures diplomatiques.

D’après la chaîne publique algérienne AL24 News, les deux hommes ont été interceptés dès leur descente d’avion à l’aéroport international d’Alger. Bien qu’ils soient porteurs de passeports diplomatiques, leur présence sur le sol algérien n’avait pas été notifiée au préalable aux autorités locales, en violation de la convention de Vienne et des accords consulaires en vigueur entre Paris et Alger.

« Ces agents ont été déclarés persona non grata car la France n’a pas respecté les règles de notification prévues », a expliqué Fayçal Métaoui, journaliste et conseiller à la présidence algérienne, lors d’une émission télévisée. Il accuse le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, d’être à l’origine de ce qu’il qualifie de « manœuvre », en envoyant les agents sous couverture diplomatique.

Ce nouvel incident ravive les tensions diplomatiques entre les deux pays, dans un contexte déjà marqué par l’expulsion réciproque de douze diplomates en 2024 et la dégradation des relations bilatérales. Les différends se sont multipliés depuis la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, une décision qui avait conduit l’Algérie à rappeler son ambassadeur et à annuler une visite officielle du président Abdelmadjid Tebboune à Paris.

L’affaire Boualem Sansal, écrivain algéro-français incarcéré en novembre 2024, ainsi que l’expulsion de plusieurs migrants algériens, dont l’influenceur Doualemn, ont également envenimé les rapports. Face à la montée des tensions, plusieurs responsables français, dont Bruno Retailleau et Jean-Noël Barrot, avaient évoqué un « rapport de force » pour défendre les intérêts français.

Un relatif apaisement avait semblé s’amorcer fin mars avec un échange téléphonique entre Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune à l’occasion de l’Aïd el-Fitr, suivi d’une visite à Alger du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères le 6 avril. Les deux pays affirmaient alors vouloir inaugurer une « nouvelle phase » de leurs relations.

Mais l’arrestation début avril à Paris d’un cadre consulaire algérien, soupçonné d’implication dans une tentative d’enlèvement de l’opposant Amir DZ, a ravivé la discorde. Alger avait dénoncé cette interpellation comme un affront diplomatique, remettant en cause les avancées récentes dans le dialogue bilatéral.

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