La justice américaine met un sérieux coup d’arrêt aux ambitions de Donald Trump visant à réduire drastiquement la fonction publique. Ce mercredi 15 octobre, une juge fédérale a suspendu plus de 4 000 licenciements de fonctionnaires, initialement décrétés par l’administration Trump dans le contexte du shutdown.
La décision est tombée en Californie, dans le district nord, où la juge Susan Yvonne Illston a répondu à l’appel de deux syndicats influents : l’AFGE (American Federation of Government Employees) et l’AFSCME (American Federation of State, County and Municipal Employees). Ces organisations ont dénoncé une tentative de purge politique, ciblant des agences historiquement proches des démocrates.
Selon la magistrate, ces licenciements ne respectent pas la législation fédérale et constituent un abus de pouvoir manifeste. Elle a fermement rappelé qu’aucune crise budgétaire, même sévère, ne peut servir de prétexte pour mener des représailles idéologiques contre des agents publics.
Des publications de Donald Trump sur Truth Social début octobre n’ont fait qu’envenimer la situation. L’ancien président y qualifiait certaines agences fédérales de « fraudes démocrates », annonçant son intention de les démanteler en collaboration avec Russell Vought, cerveau du controversé Project 2025, une initiative visant à remodeler l’administration à l’avantage des conservateurs.
Cette tentative de mise à l’écart massive des fonctionnaires progressistes aurait pu concerner jusqu’à 10 000 postes, selon des projections internes. Une perspective qui a provoqué une vague d’indignation dans les milieux syndicaux.
La juge Illston a estimé que l’exécutif cherchait à profiter du blocage budgétaire pour court-circuiter le Congrès et redessiner l’appareil d’État selon ses vues. En attendant la suite du dossier, prévue lors d’une audience le 28 octobre, tous les licenciements ciblant les membres des syndicats plaignants sont gelés.




