La crise politique qui secoue la Tanzanie a atteint les aéroports du pays. À Zanzibar, plusieurs vols internationaux ont été annulés, laissant des dizaines de passagers bloqués sur place, faute de solution d’hébergement.
À l’aéroport international de Zanzibar, des voyageurs dorment désormais à même le sol. Parmi eux, Irvine René, touriste français, raconte son désarroi :
« Nous devons voyager de Zanzibar à Paris, mais nous ne pouvons pas parce que le vol de Zanzibar à Nairobi est annulé. Nous sommes coincés ici, sans savoir où dormir ce soir », confie-t-il, épuisé.
Selon plusieurs sources aéroportuaires, les compagnies aériennes ont suspendu leurs dessertes en raison des violences et de l’instabilité politique. Pour tenter d’enrayer la spirale de violences, le gouvernement tanzanien a instauré un couvre-feu national, restreignant les déplacements nocturnes.
La situation reste tendue depuis la proclamation contestée de la victoire de Samia Suluhu Hassan, créditée de plus de 97 % des voix à la présidentielle. L’opposition dénonce une fraude électorale massive et accuse les forces de l’ordre de répression sanglante. Plusieurs sources locales évoquent des centaines de morts, un chiffre formellement démenti par les autorités.
Face à l’escalade de la violence, l’Union européenne a exhorté dimanche les autorités tanzaniennes à faire preuve de retenue et à respecter les droits humains. Pendant ce temps, les tensions paralysent la vie économique et touristique, alors que Zanzibar, destination prisée, voit son image écornée par cette crise politique sans précédent.




