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Paludisme : des chercheurs gabonais inventent un traitement à dose unique révolutionnaire

Une équipe de chercheurs du Centre de recherche médicale de Lambaréné (CERMEL) a mis au point un traitement antipaludique à dose unique, une avancée scientifique majeure dans la lutte contre l’un des fléaux de santé publique les plus persistants du continent africain.

Dirigée par le Dr Ghyslain Mombo-Ngoma, cette étude pionnière associe une artémisinine à trois autres médicaments déjà disponibles sur le marché. Entre mai 2024 et octobre 2025, plus de 1 000 patients  dont la moitié étaient des enfants de moins de dix ans  ont participé à des essais cliniques rigoureux menés au Gabon.

Les premiers résultats sont très encourageants : 93 % des patients traités par dose unique étaient totalement exempts de parasites 28 jours après l’administration, contre 90 % pour ceux ayant suivi le traitement standard de trois jours.

Selon le Dr Mombo-Ngoma, cette innovation répond à une urgence : « La morbidité et la mortalité liées au paludisme augmentent. Il faut des traitements plus simples et accessibles. Beaucoup de patients interrompent leur cure avant la fin, à cause de sa durée. »

Créé en 1981, le CERMEL s’impose depuis des décennies comme un centre d’excellence régionale en recherche biomédicale, fruit d’un partenariat solide entre le Gabon et l’Université de Tübingen en Allemagne.

Ce nouveau protocole s’inscrit dans une longue tradition de coopération scientifique entre l’Afrique et l’Europe, à l’origine de plusieurs traitements antipaludiques testés à grande échelle en Afrique centrale.

Des discussions sont actuellement en cours avec des laboratoires pharmaceutiques pour produire une capsule unique ou un kit combiné à faible coût, stable et facile à administrer une solution particulièrement adaptée aux zones rurales, souvent confrontées à des difficultés d’accès aux soins.

Le paludisme reste la principale cause de consultation médicale dans le pays. En 2024, le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) a recensé plus de 154 000 cas, soit 62 pour 1 000 habitants.

Si la prévention demeure essentielle notamment grâce aux moustiquaires imprégnées et aux campagnes de sensibilisation, les autorités reconnaissent que ces outils ne suffisent plus à enrayer la progression du parasite.

L’innovation du CERMEL apparaît donc comme une avancée stratégique pour renforcer l’autonomie scientifique du Gabon et contribuer à réduire de moitié la mortalité palustre d’ici 2030, en ligne avec les objectifs de développement durable de l’ONU.

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