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Projet de Loi de Finances 2026 : le Maroc mise sur la fiscalité verte et la compétitivité économique.

Le gouvernement marocain a levé le voile sur les grandes orientations du Projet de Loi de Finances (PLF) 2026. Un cap clair se dessine : renforcer la compétitivité du pays, garantir la transparence fiscale et maintenir un équilibre budgétaire durable, tout en ancrant les réformes en matière d’environnement et de fiscalité.

Ce nouveau cadre, présenté dans le rapport triennal d’exécution budgétaire et de cadrage macroéconomique, marque un tournant. Il place la transition énergétique, la lutte contre la fraude et l’inclusion économique au cœur de la stratégie nationale.

L’un des chantiers majeurs concerne la douane. L’exécutif introduira un système de marquage des produits pétroliers, en collaboration avec le ministère de la Transition énergétique. Objectif : freiner la fraude dans un secteur clé et sécuriser les recettes fiscales.

Ce dispositif, déjà en place pour les boissons alcoolisées et le tabac, sera étendu à d’autres produits sensibles, notamment ceux contenant du sucre ou des dérivés du tabac. Une manière de mieux encadrer les Taxes intérieures de consommation (TIC) et de renforcer la traçabilité, en ligne avec les standards internationaux.

Le gouvernement amorce également l’introduction d’une taxe carbone. En discussion avec plusieurs ministères, cette nouvelle mesure vise à adapter le cadre fiscal marocain aux engagements climatiques du Royaume. Elle prépare aussi les entreprises locales à l’arrivée du mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières, prévu pour les prochaines années.

Le PLF 2026 prévoit des ajustements tarifaires sur les produits pharmaceutiques afin de corriger certaines distorsions. Par ailleurs, le barème des droits d’importation sera revu : baisse pour les intrants industriels afin de dynamiser la production nationale, hausse pour les produits déjà fabriqués localement.

D’autres évolutions touchent la fiscalité des pierres précieuses, avec la création d’un statut réglementé pour les affineurs, ainsi que la reconduction de la réforme des TIC sur les cigarettes.

L’exécutif cible également l’économie informelle, encore très présente. Des mesures incitatives et un meilleur usage de la retenue à la source doivent favoriser son intégration progressive dans le tissu économique légal.

En parallèle, une révision des régimes fiscaux incitatifs est attendue. Le but : simplifier les démarches et sécuriser les opérations de restructuration d’entreprises, dans un climat de confiance avec les contribuables.

Le PLF poursuit l’harmonisation du système fiscal à travers la consolidation des principaux impôts de l’État et une clarification des règles d’assiette. Cette démarche vise à limiter les divergences d’interprétation et à renforcer la transparence dans la relation entre administration et contribuables.

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