Un jeune homme de 20 ans a été abattu jeudi après-midi à Marseille, un drame qui a ébranlé la ville et relancé les inquiétudes autour des violences liées au narcotrafic. La victime, rapidement identifiée, est le frère d’Amine Kessaci, militant associatif et écologiste connu pour son engagement contre les réseaux de drogue. La famille est de nouveau frappée par la tragédie, cinq ans après l’assassinat d’un autre frère, Brahim.
La fusillade s’est produite vers 14h30 dans le 4ᵉ arrondissement, près du Dôme. Selon les premières constatations, une moto s’est approchée du véhicule du jeune homme alors qu’il venait de se garer. Le passager arrière a tiré plusieurs coups de feu à travers la vitre. Sur place, les enquêteurs ont retrouvé plusieurs étuis de calibre 9 mm, a indiqué le procureur de Marseille, Nicolas Bessone.
Le parquet a ouvert une enquête pour assassinat en bande organisée et association de malfaiteurs. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer si cette attaque est liée au narcobanditisme, une piste parmi d’autres à ce stade.
Amine Kessaci, aujourd’hui âgé de 22 ans, a fondé l’association Conscience après la mort de Brahim en 2020. Figure marseillaise de la lutte contre les trafics, il bénéficiait d’une protection judiciaire depuis la sortie d’un ouvrage consacré à son frère, tué lors d’un narchomicide. Selon une source proche du dossier, cette protection restait en vigueur.
Le maire de Marseille, Benoît Payan, a dénoncé une tragédie supplémentaire, rappelant que cette « violence insupportable » n’aurait jamais sa place dans la ville. La victime, tuée jeudi, venait tout juste d’intégrer l’école de police, ce qui ajoute un choc supplémentaire à l’émotion suscitée.
Ce meurtre survient presque cinq ans après la mort de Brahim Kessaci, retrouvé carbonisé dans un véhicule après un triple assassinat. Après le rejet d’ultimes recours début novembre, l’affaire doit être jugée dans l’année à venir.



