Le feuilleton judiciaire qui secouait le parti d’opposition Les Démocrates vient de connaître son dénouement. Ce mercredi 29 avril 2026, le tribunal de première instance de Cotonou a rejeté les recours introduits par le camp d’Éric Houndété, confirmant ainsi Nourénou Atchadé à la présidence de la formation politique.
Cette décision met un terme, du moins pour l’instant, à plusieurs semaines de tensions internes autour de la direction du principal parti d’opposition au Bénin.
À l’origine du litige, François Comlan, proche d’Éric Houndété, contestait la désignation de Nourénou Atchadé lors du Conseil national du 22 mars dernier. Les requérants demandaient l’annulation de son élection et réclamaient qu’il lui soit interdit d’agir au nom du parti.
Le tribunal n’a pas suivi cette argumentation. En déboutant les plaignants, il reconnaît la validité de la désignation de Nourénou Atchadé, qui reste donc officiellement président des Démocrates.
Du côté du camp Houndété, la réaction a été mesurée. Jude Lodjou, l’un de ses proches, a déclaré sur Bip Radio que la décision de justice sera respectée.
Cette crise interne trouve son origine dans la démission de Boni Yayi, annoncée le 3 mars 2026 pour des raisons de santé. D’abord refusée, puis finalement acceptée, cette décision a ouvert une période d’incertitude au sommet du parti.
Éric Houndété avait d’abord été désigné président par intérim. Mais lors du Conseil national, Nourénou Atchadé lui a succédé dans un contexte particulièrement tendu. Le départ anticipé d’Éric Houndété et de plusieurs cadres avant la fin des travaux avait déjà révélé l’ampleur des divisions.
La fracture s’est accentuée lorsque l’ancien vice-président a affiché son soutien à Romuald Wadagni pour la présidentielle du 12 avril, en contradiction avec la ligne officielle du parti. Cette prise de position lui avait valu une suspension.
Avec cette décision judiciaire, Nourénou Atchadé consolide son autorité à la tête des Démocrates. Éric Houndété conserve toutefois la possibilité de faire appel dans un délai d’un mois.
La bataille judiciaire s’achève, mais la recomposition politique au sein du parti reste loin d’être terminée.




