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Égypte : la disponibilité en eau atteint un niveau alarmant.

L’Égypte fait face à une pression croissante sur ses ressources hydriques. Le pays le plus peuplé du monde arabe ne dispose plus aujourd’hui que de 490 mètres cubes d’eau par habitant et par an, selon le ministre de l’Irrigation et des Ressources hydriques, Hani Sewilam.

Cette quantité est largement inférieure au seuil de pauvreté hydrique défini par les Nations-Unies, fixé à 1 000 mètres cubes d’eau par personne et par an. Un indicateur qui témoigne de l’ampleur du défi auquel sont confrontées les autorités égyptiennes.

Dans les années 1960, chaque Égyptien bénéficiait de plus de 2 000 mètres cubes d’eau par an. Aujourd’hui, cette disponibilité a été divisée par plus de quatre sous l’effet conjugué de la croissance démographique et de la pression accrue sur les ressources existantes.

Déjà au cours des années 1990, la part d’eau disponible par habitant était passée sous le seuil d’alerte international.

Cette évolution met en lumière la vulnérabilité d’un pays dont l’accès à l’eau conditionne aussi bien l’agriculture que l’approvisionnement des populations et le développement économique.

L’une des principales fragilités de l’Égypte réside dans sa forte dépendance au fleuve Nil. Selon les autorités, plus de 98 % des ressources en eau du pays proviennent de ce cours d’eau, véritable colonne vertébrale de l’économie nationale.

Or, les besoins annuels du pays sont estimés à environ 120 milliards de mètres cubes, accentuant l’écart entre les ressources disponibles et la demande croissante. La sécurité hydrique est ainsi devenue une priorité stratégique pour Le Caire.

Le dossier du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne demeure au cœur des préoccupations égyptiennes.

Depuis plusieurs années, l’Égypte exprime ses inquiétudes face aux mesures unilatérales susceptibles d’affecter le débit du Nil. Les autorités considèrent que toute réduction significative des ressources du fleuve pourrait avoir des conséquences majeures sur la sécurité alimentaire et la stabilité du pays.

Ce différend reste l’un des dossiers diplomatiques les plus sensibles en Afrique de l’Est.

Face à l’aggravation du déficit hydrique, le gouvernement accélère la mise en œuvre de son programme baptisé « Gestion 2.0 ».

Cette stratégie s’inscrit dans le Plan national des ressources en eau 2037 et dans la Stratégie nationale de l’eau 2050. Elle repose notamment sur la numérisation des systèmes de gestion, l’utilisation de l’intelligence artificielle et des outils de prévision afin d’optimiser la distribution des ressources disponibles.

L’objectif est de mieux anticiper les besoins et de réduire les pertes.

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