Le Nigéria veut faire de sa diplomatie un véritable levier d’influence en Afrique de l’Ouest. Réunis à Uyo, les futurs ambassadeurs et hauts commissaires accrédités auprès des pays de la Cédéao ont reçu des orientations claires du gouvernement nigérian. Défense de la démocratie, lutte contre l’insécurité et promotion des intérêts économiques du pays figurent désormais parmi leurs principales priorités.
Face aux nouveaux envoyés diplomatiques, la cheffe de la diplomatie nigériane a rappelé l’importance de leur mission. « Vos postes ne sont pas des affectations diplomatiques de routine. Ce sont des déploiements stratégiques en première ligne de nos intérêts nationaux », a-t-elle déclaré.
Selon Bianca Odumegwu Ojukwu, le président nigérian Bola Ahmed Tinubu attend des résultats concrets de ses représentants dans la sous région.
Elle a insisté sur le fait que la politique étrangère du Nigéria doit contribuer à promouvoir la paix, renforcer la sécurité et créer davantage de prospérité économique en Afrique de l’Ouest.
Pour Abuja, les diplomates ne doivent plus se limiter aux fonctions protocolaires. Ils sont appelés à devenir de véritables acteurs de l’influence nigériane.
La ministre a placé la préservation de l’ordre constitutionnel au sommet des missions confiées aux futurs ambassadeurs. Elle les a également exhorté à dialoguer avec les gouvernements hôtes afin de consolider les institutions démocratiques, promouvoir l’État de droit, protéger les droits humains et encourager la bonne gouvernance.
Bianca Odumegwu Ojukwu a déploré le fait que les coups d’État enregistrés ces dernières années aient fragilisé la cohésion au sein de la Cédéao.
Pour le Nigéria, la stabilité institutionnelle demeure indispensable à l’intégration régionale.
La ministre a souligné que l’expansion du terrorisme dans le Sahel représente une menace directe pour le Nigéria. Elle a ainsi appelé à renforcer la coopération en matière de renseignement, à améliorer la coordination entre États et à intensifier la lutte contre les réseaux de contrebande et de trafic transfrontalier. « Une Afrique de l’Ouest sécurisée est un prérequis pour un Nigéria sécurisé », a-t-elle affirmé.
Au-delà des enjeux politiques et sécuritaires, Abuja veut également faire de ses représentations diplomatiques des instruments de développement économique.
Les ambassadeurs ont été invités à défendre les intérêts des entreprises nigérianes, à œuvrer à la suppression des barrières non tarifaires et à mieux exploiter les opportunités offertes par la Zone de libre échange continentale africaine.
La ministre a enfin insisté sur la nécessité de renforcer l’accompagnement des millions de Nigérians vivant dans les pays de la Cédéao. Elle a demandé que les ambassades deviennent des espaces d’accueil efficaces et des refuges sûrs pour les ressortissants confrontés à des difficultés.
Selon elle, la diaspora doit être considérée comme un partenaire du développement national et non comme un simple dossier consulaire.
Ce séminaire d’Uyo intervient après un programme d’induction organisé en avril 2026 à Abuja à l’intention de l’ensemble du corps diplomatique désigné, illustrant la volonté des autorités nigérianes de professionnaliser davantage leur action extérieure.




