Une nouvelle opération militaire vient illustrer le durcissement de la lutte antiterroriste au Mali. Les Forces armées maliennes ont annoncé la neutralisation d’un chef jihadiste présenté comme une figure importante des réseaux affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans. Ceci intervient quelques jours seulement après la mise en place d’un système inédit de récompenses financières destiné à traquer les principaux responsables de groupes armés.
Dans un communiqué publié le 14 juin, l’État-major général des Armées a précisé que l’individu, identifié sous les alias d’Oumar Kéréna, Farouk et Housseini Mawdo, avait été localisé puis tué lors d’une frappe de drone effectuée le 3 juin à Mougnan, une localité située à environ 45 kilomètres à l’ouest de Djenné.
Selon l’armée malienne, le suspect avait d’abord évolué au sein du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, plus connu sous le nom de MUJAO.
Ce groupe avait fusionné en 2013 avec celui dirigé par Mokhtar Belmokhtar pour donner naissance à Almourabitoune, une organisation devenue par la suite l’une des composantes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, également appelé JNIM.
Au fil des années, il aurait gravi les échelons jusqu’à occuper des responsabilités importantes dans la hiérarchie des groupes armés jihadistes.
L’État major affirme que l’homme aurait dirigé la zone de Serma avant de coordonner des activités dans plusieurs secteurs couvrant les régions maliennes de Sikasso et de Koutiala ainsi qu’une partie du territoire burkinabè.
Les autorités militaires estiment qu’il jouait un rôle central dans la structuration et la coordination des réseaux affiliés au JNIM, ce qui faisait de lui une cible stratégique dans les opérations de contre terrorisme.
Cette annonce intervient dans un contexte de renforcement des mesures sécuritaires au Mali.
Pour rappel, le 4 juin dernier, le gouvernement avait instauré un dispositif de récompenses financières destiné à encourager la transmission d’informations sur des personnes recherchées pour leur implication présumée dans des activités terroristes ou des attaques contre l’État. Les primes annoncées peuvent atteindre jusqu’à deux milliards de francs CFA selon l’importance des profils visés.
La récompense la plus élevée concerne Iyad Ag Ghali, présenté comme le chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans. D’autres primes comprises entre 500 millions et 1,5 milliard de francs CFA ont également été promises pour plusieurs dirigeants jihadistes ainsi que des responsables du Front de libération de l’Azawad.
Le renforcement de cette politique intervient après les attaques coordonnées du 25 avril contre plusieurs positions militaires maliennes.
Depuis, Bamako multiplie les initiatives sécuritaires et les sanctions ciblées contre des individus et organisations accusés d’entretenir des liens avec des groupes armés.
Dans un Sahel toujours confronté à l’instabilité, la lutte contre le terrorisme demeure l’un des principaux défis des autorités maliennes.




