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Burkina-Faso : endettée, une commerçante affirme avoir remboursé 800.000 fcfa en 06 mois grâce à la prostitution. 

Le Tribunal de grande instance de Ouaga II a ouvert, ce mercredi 1er juillet 2026, une audience correctionnelle portant sur une affaire impliquant 22 prévenus poursuivis notamment pour prostitution par racolage, proxénétisme, vente de produits illicites et blanchiment de capitaux.

Selon Justice Infos Burkina, cette procédure fait suite à une enquête ouverte le 7 juin 2026 après un signalement du commissaire de police du 5ᵉ arrondissement. Les investigations ont révélé que plusieurs groupes WhatsApp ainsi qu’un restaurant auraient servi de cadre aux activités reprochées aux mis en cause.

Parmi les prévenus figure une commerçante qui a reconnu s’être tournée vers la prostitution pour faire face à d’importantes difficultés financières.

Devant le tribunal, elle a expliqué avoir contracté un prêt bancaire de 2 millions de FCFA afin de développer son commerce. Mais la dégradation de ses activités l’a empêchée d’honorer ses engagements envers la banque.

« J’étais commerçante. J’ai contracté un prêt de 2 000 000 F CFA pour mon activité, mais les affaires ont mal tourné. La banque réclamait son dû », a-t-elle déclaré devant la présidente du tribunal.

Elle affirme avoir commencé cette activité sans connaître les dispositions légales qui l’interdisaient au Burkina Faso, tout en précisant qu’elle était accablée par ses dettes.

À la barre, la prévenue a indiqué recevoir ses clients dans des hôtels, avec une moyenne de trois à quatre rendez-vous par jour. Les prestations étaient facturées entre 5 000 et 10 000 FCFA, pour des revenus pouvant atteindre 25 000 FCFA quotidiennement lorsque la clientèle était au rendez-vous.

Selon ses déclarations, cette activité exercée pendant environ six mois lui a permis de rembourser près de 800 000 FCFA de son emprunt. Une partie des sommes gagnées servait également à subvenir aux besoins de son enfant et de sa mère.

Interrogée sur les raisons qui l’ont poussée à faire ce choix, elle a répondu : « Je mettais la morale de côté, ce qui comptait pour moi, c’était d’éponger ma dette. »

La prévenue a indiqué qu’en cas de remise en liberté, elle souhaite abandonner cette activité pour se lancer dans le tatouage.

Elle a également reconnu avoir utilisé des groupes WhatsApp pour diffuser des photos et des vidéos accompagnées de son numéro de téléphone afin d’entrer en contact avec des clients.

Les auditions des 22 prévenus se poursuivent devant le tribunal correctionnel de Ouaga II, qui devra se prononcer sur les différentes infractions retenues dans ce dossier.

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