Le gouvernement béninois accélère la mise en place de la Société de développement forestier. Le président Patrice Talon a procédé à la nomination des membres du tout premier Conseil d’administration de cette société publique créée pour renforcer la gestion durable des ressources forestières et développer l’économie du bois au Bénin.
Cette nomination marque une étape importante dans l’organisation opérationnelle de la SODEF, instituée par décret le 5 novembre 2025 pour assurer le développement, la gestion et l’exploitation durable des forêts béninoises.
Le Conseil d’administration sera composé de trois représentants de l’État. Il s’agit de Comlanvi Alain Honou, représentant de la Présidence de la République, de Jock Yannick Bidossessi Adammado, représentant du ministère de l’Économie et des Finances, ainsi que d’Adjakou Akoutan Adjinda, représentant du ministère du Cadre de vie et des Transports chargé du Développement durable.
Selon le décret de nomination, les administrateurs exerceront un mandat de deux ans à compter de leur installation. Les statuts de la société précisent toutefois qu’en cours de fonctionnement, les membres du Conseil pourront être désignés pour une durée de trois ans par l’actionnaire unique.
Le futur Conseil d’administration disposera de pouvoirs étendus dans la conduite des activités de la société. Il aura notamment pour mission de définir les orientations stratégiques de la SODEF et de veiller à leur exécution.
Parmi ses responsabilités figurent également l’adoption du budget, des plans d’investissement et des stratégies de développement de l’entreprise. Le Conseil devra aussi superviser la gestion du directeur général, examiner les rapports de performance et valider les états financiers avant leur transmission à l’assemblée générale.
Au-delà de l’aspect administratif, la SODEF porte des ambitions importantes pour le secteur forestier béninois. La société est chargée d’assurer la sécurisation du domaine forestier de l’État et la protection des ressources forestières confiées par l’administration des Eaux, Forêts et Chasse.
Les missions prévues couvrent également la transformation du bois, le développement de l’industrie forestière, la commercialisation des produits dérivés ainsi que l’importation et l’exportation du bois.
Le gouvernement veut aussi faire de la SODEF un acteur majeur de la préservation environnementale. Les textes lui imposent notamment de protéger la biodiversité, de promouvoir des pratiques d’exploitation à faible impact environnemental et de lutter contre les incendies, la chasse illégale et l’exploitation frauduleuse des ressources forestières.
Autre priorité affichée : l’implication des communautés locales dans la gestion des forêts. La société devra encourager une gestion participative avec les populations riveraines et contribuer au développement de l’écotourisme dans les zones forestières placées sous sa responsabilité.
Avec cette nouvelle gouvernance, le Bénin affiche sa volonté de mieux structurer le secteur forestier tout en conciliant exploitation économique et protection durable des écosystèmes.




