Le recours à l’intelligence artificielle sur les réseaux sociaux peut avoir de lourdes conséquences judiciaires au Bénin. Le tiktokeur Fresnel en fait l’expérience. Le jeune créateur de contenu a été arrêté le vendredi 11 juin 2026 après avoir diffusé une image fictive générée par l’IA mettant en scène l’ancien président Patrice Talon. Placé en garde à vue, selon les informations rapportées par Triomphe Mag, son cas relance le débat sur les limites légales de l’utilisation des contenus créés grâce à l’intelligence artificielle.
Bien qu’il s’agisse d’une fiction, l’image en question montrait clairement Fresnel aux côtés de l’ancien chef de l’État. Sa diffusion sur les réseaux sociaux lui a valu une interpellation par les autorités compétentes.
Cette affaire intervient dans un contexte où les autorités béninoises multiplient les mises en garde contre les dérives liées à l’usage de l’intelligence artificielle. Dans une publication de sensibilisation diffusée le 29 mai 2026 sur sa page Facebook, le Centre national des investigations numériques (CNIN) rappelait que générer, modifier ou utiliser l’image d’une personne sans son autorisation constitue une atteinte au droit à l’image et peut donner lieu à des poursuites judiciaires.
Le CNIN précise qu’un contenu produit à l’aide de l’intelligence artificielle « constitue une infraction lorsqu’elle porte atteinte aux droits du mis en cause ou est utilisée de manière abusive ».
Le Code du numérique béninois encadre strictement ces pratiques qui se multiplient sur la toile. Son article 576 prévoit des sanctions contre toute personne utilisant de façon malveillante des applications de montage pour modifier des photographies, des fichiers audio ou des vidéos. Les peines encourues peuvent aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et une amende pouvant atteindre 25 millions de francs CFA.
L’affaire Fresnel sonne ainsi comme un rappel à la prudence pour les créateurs de contenus. À l’heure où l’intelligence artificielle bouleverse les usages numériques, la créativité ne dispense pas du respect du droit à l’image et des dispositions prévues par la législation béninoise.


