Au Zimbabwe, une réforme constitutionnelle portée par le pouvoir relance le débat sur l’équilibre des institutions.
Le projet, initié par le parti au pouvoir ZANU-PF, prévoit d’allonger la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans. Validé en Conseil des ministres, il doit désormais être examiné par le Parlement, où la majorité présidentielle dispose d’un avantage décisif.
Au-delà de cette extension, le texte propose un changement plus profond, remplacer l’élection du président au suffrage universel direct par un vote parlementaire.
Pour ses promoteurs, cette réforme vise à renforcer la stabilité institutionnelle et à améliorer le fonctionnement des institutions. Mais du côté de l’opposition et de la société civile, les critiques sont vives.
Plusieurs voix dénoncent un recul démocratique et estiment qu’un tel changement devrait être soumis à référendum. Elles alertent également sur un risque de concentration accrue du pouvoir.
Si elle est adoptée, cette révision pourrait redéfinir l’avenir politique de Emmerson Mnangagwa, en ouvrant la voie à un maintien prolongé à la tête de l’État, au-delà des limites actuelles fixées par la Constitution.
Adoptée en 2013 après une période de crise, la loi fondamentale du Zimbabwe se retrouve ainsi au cœur d’un nouveau débat politique sensible.
À ce stade, le processus législatif est en cours et l’issue des discussions au Parlement reste incertaine.




