La question de la représentation des Béninois de l’étranger refait surface dans le débat public. À travers un plaidoyer adressé au président de l’Assemblée nationale Joseph Djogbénou, des membres de la diaspora appellent à une réforme pour renforcer leur présence dans les instances de décision.
Portée par Kayodé Osséni, cette initiative met en avant le rôle stratégique des Béninois vivant hors du territoire. Les signataires rappellent leur contribution à l’économie nationale, leur expertise et leur influence à l’international.
Malgré cet apport, ils estiment que leur voix reste marginale dans les institutions. Une situation jugée incompatible avec les principes d’équité et de participation citoyenne.
Dans leur document, les initiateurs plaident pour une évolution du cadre institutionnel. L’objectif est de permettre aux Béninois de la diaspora de participer pleinement à la vie démocratique du pays.
Ils considèrent que l’Assemblée nationale constitue le cadre idéal pour porter cette réflexion et engager les réformes nécessaires.
Pour appuyer leur démarche, ils s’inspirent de modèles étrangers. Des pays comme la France, le Sénégal ou le Cap-Vert ont déjà intégré des mécanismes de représentation parlementaire de leurs ressortissants à l’étranger.
Le plaidoyer ne se limite pas à un constat. Il formule plusieurs pistes d’action :
- La création de circonscriptions électorales dédiées à la diaspora;
- L’ouverture de mécanismes permanents de consultation et d’audition;
- La mise en place d’un cadre juridique facilitant l’engagement politique des Béninois de l’extérieur;
- Le lancement d’une réflexion législative, voire constitutionnelle, sur cette question.
Pour les signataires, ces mesures permettraient de renforcer la cohésion nationale et d’adapter la démocratie béninoise aux réalités contemporaines.
Cette initiative intervient dans la foulée de la présidentielle du 12 avril 2026 et des échanges entre la diaspora et l’équipe du président élu Romuald Wadagni.
Les auteurs du plaidoyer y voient une opportunité d’ouvrir un chantier politique majeur.
Selon eux, reconnaître la diaspora comme un acteur à part entière enverrait un signal fort. Celui d’une nation qui considère que la citoyenneté dépasse les frontières.
Le débat est désormais posé. Reste à savoir si le Parlement béninois s’en saisira.




