La France reste confrontée à une recrudescence des agressions visant des personnes de confession musulmane, en particulier des femmes portant le foulard. Une nouvelle affaire, survenue dans le métro parisien, illustre cette réalité et relance le débat sur la reconnaissance judiciaire des actes islamophobes.
Lundi, le Collectif contre l’islamophobie en Europe (CCIE) a diffusé une vidéo montrant une femme agressée verbalement et physiquement dans une station du métro parisien en raison de son port du foulard. Les images, largement relayées sur les réseaux sociaux, montrent un homme proférant des insultes visant l’islam et le prophète, avant de s’en prendre directement à la victime, surnommée « Julie » par le collectif. Selon le CCIE, l’agresseur aurait également craché sur elle.
Toujours d’après le collectif, l’intervention de passants et d’agents de la RATP a été nécessaire pour maîtriser l’individu avant l’arrivée des forces de l’ordre. La victime aurait exprimé sa volonté de déposer plainte. Toutefois, les policiers auraient dans un premier temps refusé de qualifier les faits d’agression islamophobe, évoquant une « expression de point de vue inappropriée ». Après insistance, une plainte aurait finalement été enregistrée et le dossier serait actuellement en cours de traitement. À ce stade, aucune confirmation officielle n’a été communiquée par les autorités judiciaires ou policières.
L’affaire a suscité des réactions politiques. Le député de La France insoumise (LFI) de l’Essonne, Antoine Léaument, a exprimé son soutien à la victime sur le réseau social X, dénonçant « l’islamophobie comme un poison pour notre pays » et appelant à la combattre « fermement ».
Ce nouvel épisode intervient dans un contexte de hausse marquée des actes antimusulmans en France. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, 145 actes antimusulmans ont été recensés sur les cinq premiers mois de l’année 2025, contre 83 sur la même période en 2024, soit une augmentation de 75 %. En 2023, 232 actes avaient été enregistrés, contre 188 en 2022 et 132 en 2021.
De son côté, le Collectif contre l’islamophobie en Europe affirme avoir recensé 1 037 faits islamophobes en 2024, incluant discriminations, violences et discours haineux, contre 828 en 2023, soit une progression de 25 %.
Enfin, le rapport 2024 de la Défenseure des droits souligne qu’environ un tiers des personnes se déclarant musulmanes ou perçues comme telles affirment avoir subi des discriminations, notamment dans l’emploi, les services publics ou le logement. Le document met également en évidence un recours très limité aux voies de plainte, malgré l’ampleur des faits signalés.




