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Kenya : Des veuves montent au front pour arracher une loi qui les protège.

 

Elles ont perdu un mari. Puis leur maison. Parfois leurs enfants. Des veuves kényanes mènent aujourd’hui une campagne nationale pour obtenir une protection juridique réelle. Leur cible : faire adopter le projet de loi de 2026 sur la protection des personnes veuves avant la fin de la session parlementaire.

L’appel a été lancé mardi depuis Nairobi par l’organisation Come Together Widows and Orphans. La date n’a pas été choisie au hasard. C’était la Journée internationale des veuves.

Le texte a été déposé le 12 mai 2026 au Parlement par le député de Rarieda, Otiende Amollo. Il a été rédigé avec CTWOO et l’organisation Equality Now. Son ambition est simple : faire du veuvage un statut protégé par la loi.

Aujourd’hui, le cadre légal laisse passer trop de dérives. Déshéritage, confiscation de terres, expulsion du domicile, perte de la garde des enfants. À cela s’ajoutent des pratiques comme « l’héritage de la veuve » ou des rituels de purification qui imposent aux femmes des rapports sexuels forcés, des scarifications, des jeûnes ou le rasage obligatoire des cheveux.

CTWOO accompagne les veuves et orphelins à travers le pays. Rien qu’en mai 2026, l’organisation a ouvert 139 nouveaux dossiers. Derrière chaque dossier, une femme qui se bat pour garder son toit, ses biens, sa dignité.

Sa directrice exécutive, Dianah Kamande, connaît le sujet de près. Elle a fondé CTWOO après avoir été elle-même dépossédée de ses biens à la mort de son époux. Pour elle, la loi existe sur le papier. Dans les familles et les villages, la coutume et les rapports de force l’emportent encore.

Les veuves font face à des accusations de sorcellerie, à l’isolement social, aux menaces. Le cyberharcèlement et les arnaques qui les visent progressent aussi. Dans certaines communautés, le deuil devient une punition. On leur interdit des soins, on leur impose des épreuves physiques. La précarité s’installe et les enfants quittent l’école.

« Chaque semaine, nous recevons des femmes qui ont tout perdu. La culture peut évoluer. On peut garder les traditions tout en donnant aux veuves les mêmes droits que les autres citoyens », explique Dianah Kamande.

Le projet de loi vise à garantir aux personnes veuves leurs droits, leur sécurité, leur dignité et leur place dans la société. Le Parlement kényan a désormais le texte entre les mains.

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