Au lendemain des législatives du 11 janvier 2026, la composition de l’Assemblée nationale ne dépend pas uniquement du score national des partis. La loi électorale béninoise impose un mécanisme strict qui conditionne l’accès même au partage des sièges parlementaires.
Pour être éligible à la répartition des mandats, un parti doit atteindre au moins 20 % des suffrages exprimés dans chacune des 24 circonscriptions électorales. La règle est sans nuance. Un seul score inférieur à ce seuil, dans une seule circonscription, suffit à exclure totalement la formation politique du Parlement, même en cas de bons résultats ailleurs.
Ce dispositif privilégie une implantation territoriale équilibrée. Il ne récompense pas la popularité nationale isolée, mais exige une présence électorale homogène sur l’ensemble du territoire. La loi écarte ainsi les partis dont l’ancrage reste localisé ou inégal.
Une exception existe toutefois. Les coalitions électorales déclarées avant le scrutin offrent une marge de manœuvre. Dans ce cadre, un parti peut compenser une contre-performance locale si son partenaire de coalition atteint les 20 % dans la circonscription concernée.
Mais cette flexibilité est encadrée. Pour que l’apport du partenaire soit pris en compte, le parti en difficulté doit lui-même obtenir au moins 10 % des suffrages dans la circonscription. En dessous de ce seuil, la coalition ne produit aucun effet juridique et l’exclusion demeure.
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Ce système redessine profondément la compétition politique. Il favorise les alliances structurées, marginalise les formations faibles et transforme la coalition en véritable outil de survie électorale. À l’inverse, tout parti qui se présente seul sans franchir la barre des 20 % partout s’expose à une sanction lourde : l’absence totale de représentation parlementaire, quels que soient ses scores nationaux.




