La crise couve à nouveau au sein de la magistrature au Mozambique. Suspendue en 2024 pour laisser place au dialogue, la grève des juges pourrait reprendre dans les prochains jours, sur fond de frustration grandissante face à des engagements gouvernementaux jugés non respectés.
Dans un communiqué publié lundi, l’Association mozambicaine des juges dénonce l’absence de progrès concrets sur la majorité des revendications formulées lors du précédent mouvement. À l’époque, les magistrats avaient accepté de suspendre leur grève après l’annonce de négociations et la mise en place d’une commission chargée de proposer des réformes, notamment sur l’autonomie financière de la justice.
Mais plusieurs mois plus tard, le constat est sans appel. Selon Esmeraldo Matavele, président de l’organisation, les avancées restent limitées, malgré l’arrivée d’un nouveau gouvernement en janvier, qui avait pourtant suscité des attentes.
Le mécontentement s’étend désormais à l’ensemble du corps judiciaire. Une assemblée générale prévue samedi pourrait sceller le retour à la grève. « Une grève suspendue n’est pas annulée », a averti Esmeraldo Matavele, laissant planer la menace d’un blocage imminent du système judiciaire.
Au cœur des revendications, des réformes structurelles attendues de longue date. Les juges réclament notamment une véritable indépendance financière du pouvoir judiciaire, une révision de la grille salariale marquée par des incohérences, ainsi que le paiement d’arriérés liés à l’ancienneté et aux indemnités.
Malgré des propositions élaborées en concertation avec les autorités, aucune mise en œuvre effective n’a encore été engagée. Une situation qui alimente une frustration croissante, du niveau des jeunes magistrats jusqu’aux juridictions supérieures.
Si la grève est relancée, elle pourrait fragiliser davantage le fonctionnement de la justice et accentuer les tensions institutionnelles dans le pays.




