Les autorités nigérianes ont porté un coup dur au trafic international de drogues synthétiques. L’Agence nationale de lutte contre les drogues (NDLEA) a annoncé le démantèlement d’un vaste laboratoire clandestin de méthamphétamine dissimulé au cœur d’une forêt de l’État d’Oyo, dans le sud-ouest du pays. Cinq personnes, dont un spécialiste mexicain de la production de drogues synthétiques, ont été interpellées.
L’opération a conduit à l’arrestation de cinq membres présumés d’un cartel impliqué dans la fabrication de méthamphétamine.
Parmi eux figure Jose Villa Ochoa, un ressortissant mexicain âgé de 56 ans. Selon les autorités, il aurait été recruté pour superviser les aspects techniques de la production industrielle de la drogue.
Quatre Nigérians ont également été interpellés. Il s’agit de Maxwell Uche Nevoh, Olatunji Yusuf, Bankole Akeem Owolabi et Ganiu Monsiu, soupçonnés d’avoir participé aux activités du réseau.
Le site de production était installé dans la forêt de Tapa Village, située dans la zone administrative d’Ibarapa North, dans l’État d’Oyo.
Loin des centres urbains, cette implantation aurait permis au réseau d’opérer discrètement et d’échapper à la surveillance des autorités pendant plusieurs mois.
L’intervention a été menée le 17 juin 2026 par les agents de la NDLEA.
Les enquêteurs ont découvert une véritable unité de production industrielle équipée de matériel sophistiqué destiné à la fabrication de méthamphétamine à grande échelle.
Le laboratoire comprenait notamment un réacteur chimique, deux unités de distillation, trois mélangeurs-condenseurs et deux machines de déshydratation utilisées dans le processus de transformation des substances chimiques.
Au cours de l’opération, les agents ont mis la main sur plusieurs substances utilisées dans la fabrication de drogues synthétiques.
Les saisies comprennent du Phényl-2-propanone (P2P), considéré comme l’un des principaux précurseurs de la méthamphétamine, ainsi que 1 800 litres d’acide phénylacétique.
Les forces de sécurité ont également découvert 300 litres d’une substance cristalline blanchâtre qui a été identifiée comme de la méthamphétamine après analyse. D’autres produits chimiques, notamment de l’acide sulfurique, de la soude caustique et de l’acide tartrique, ont aussi été retrouvés sur place.
Cette opération intervient quelques semaines seulement après le démantèlement d’un autre laboratoire clandestin dans l’État voisin d’Ogun.
Pour la NDLEA, ces découvertes successives traduisent une volonté de réseaux criminels internationaux de transformer le sud-ouest du Nigéria en centre stratégique de production de drogues synthétiques destiné à alimenter différents marchés.
À la suite de cette importante saisie, le directeur général de la NDLEA, le général Mohamed Buba Marwa, a réaffirmé la détermination des autorités à combattre les réseaux de trafic de drogue.
Selon lui, le Nigéria ne servira jamais de base arrière aux cartels nationaux ou internationaux impliqués dans le commerce illicite de stupéfiants.
Cette nouvelle opération renforce la pression sur les organisations criminelles qui tentent d’étendre leurs activités en Afrique de l’Ouest et confirme la volonté des autorités nigérianes de lutter contre la montée du trafic de drogues synthétiques dans la région.



