Le système d’identification des citoyens béninois entre dans une phase de contrôle renforcé. À travers une nouvelle note d’instruction, l’Agence nationale d’identification des personnes redéfinit les conditions d’enrôlement au Registre national des personnes physiques et encadre plus strictement la délivrance des actes de naissance sécurisés.
L’objectif affiché est de fiabiliser les données d’identité, sécuriser l’état civil et limiter les irrégularités dans les documents administratifs.
Au centre du dispositif se trouve désormais le RNPP, présenté comme la base officielle de l’identification des citoyens. L’enrôlement dans ce registre devient une étape incontournable pour l’obtention du Numéro personnel d’identification, le fameux NPI, indispensable pour accéder aux documents sécurisés.
L’ANIP insiste sur un point majeur : aucun acte de naissance sécurisé ne pourra être délivré sans enrôlement préalable dans le système. Une mesure qui vise à renforcer la traçabilité et l’authenticité des données civiles.
L’institution veut également corriger les incohérences héritées du passé. Les citoyens disposant d’actes établis avant leur intégration au RNPP devront engager une procédure de reconstitution. Cette opération permettra d’harmoniser les informations enregistrées dans le fichier national de l’état civil et d’éviter les doublons ou les erreurs d’identité.
Pour s’enrôler, les conditions restent strictes. Chaque demandeur doit présenter un acte de naissance ou un jugement supplétif, considérés comme les seules preuves légales permettant d’établir l’identité et la filiation.
Des dispositions spécifiques sont toutefois prévues pour les Béninois nés à l’étranger. Ils pourront effectuer leur enrôlement auprès des représentations diplomatiques ou directement au Bénin, à condition de fournir des preuves fiables de nationalité et de filiation, notamment une CIP, un passeport ou des documents parentaux.
Dans une logique plus inclusive, l’Agence nationale d’identification des personnes prévoit aussi des cas exceptionnels. Les personnes sans acte de naissance mais détentrices d’une carte LEPI, ou bénéficiant d’une décision judiciaire ou d’une réquisition du procureur, pourront être enregistrées après des contrôles approfondis. Ces mesures concernent particulièrement les enfants de moins de 13 ans non déclarés à l’état civil.
Mais les autorités préviennent : toute tentative de fraude sera sévèrement sanctionnée. Les fausses déclarations et l’utilisation de documents falsifiés exposent leurs auteurs à des poursuites prévues par la loi.
À travers cette réforme, l’ANIP cherche à bâtir un système d’état civil plus fiable et mieux sécurisé, dans un contexte où l’identité numérique et administrative devient un enjeu stratégique pour l’accès aux services publics.




