L’épidémie de maladie à virus Ebola continue de gagner du terrain dans l’est de la République démocratique du Congo. Les autorités sanitaires ont annoncé un bilan préoccupant de 808 cas confirmés et 192 décès enregistrés dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Alors que des centaines de patients sont encore pris en charge, les équipes médicales redoublent d’efforts pour contenir la propagation du virus, confrontées à des défis logistiques et à la méfiance persistante de certaines communautés.
Lors d’un point de presse organisé lundi à Kinshasa, le ministre congolais de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a indiqué que 363 patients sont actuellement suivis dans les structures sanitaires spécialisées. Parallèlement, près d’une cinquantaine de personnes ont déjà été déclarées guéries grâce à une prise en charge précoce.
Le ministre a rappelé que l’épidémie avait été officiellement déclarée le 15 mai 2026. Dès cette date, trois zones de santé étaient déjà touchées : Bunia, Rwampara et Mongbwalu, cette dernière demeurant aujourd’hui le principal foyer de la flambée.
L’inquiétude s’est accentuée deux jours plus tard lorsque l’Organisation mondiale de la santé a confirmé des cas en Ouganda, illustrant le risque de propagation transfrontalière du virus Ebola.
Selon les données du ministère, 31 zones de santé sont désormais affectées dans les trois provinces concernées. L’Ituri concentre l’essentiel des contaminations tandis que le Nord-Kivu et le Sud-Kivu enregistrent une circulation plus limitée de la maladie.
Le taux de létalité atteint actuellement 23,8 %. Un chiffre qui, selon les autorités sanitaires, démontre l’importance d’un diagnostic rapide. Plus les malades sont pris en charge tôt, plus leurs chances de survie augmentent considérablement.
Le rapport de situation publié le 14 juin fait état d’une nouvelle aggravation de l’épidémie. En une seule journée, 26 nouveaux cas confirmés et 11 décès liés à la souche Bundibugyo du virus Ebola ont été enregistrés.
Parmi ces nouvelles infections, 21 ont été recensées en Ituri, notamment à Mongbwalu avec 11 cas, Nyankunde avec 4 cas, Bunia avec 3 cas et Rwampara avec 3 cas. Les cinq autres cas ont été signalés dans le Nord-Kivu, dont quatre à Butembo et un à Katwa.
Malgré cette hausse des contaminations, aucune nouvelle zone de santé n’a été touchée. Le nombre total de zones affectées reste ainsi fixé à 31 sur les 104 que compte la RDC.
Les autorités ont également annoncé la guérison de huit nouveaux patients. Trois ont quitté les centres de traitement de Bunia et cinq ceux de Rwampara.
Depuis le début de cette flambée, 48 personnes ont pu vaincre la maladie. Le ministère insiste sur le fait qu’Ebola peut être traité avec davantage de succès lorsque les patients consultent rapidement après l’apparition des premiers symptômes.
Au-delà de la prise en charge médicale, les autorités doivent composer avec la défiance d’une partie des populations envers les équipes sanitaires. Une situation qui complique les opérations de sensibilisation et le contrôle de l’épidémie.
Samuel Roger Kamba a appelé les chefs coutumiers et les leaders communautaires à s’impliquer davantage pour lutter contre les rumeurs et les idées reçues entourant Ebola.
« Plus les personnes malades se présentent rapidement dans les centres de traitement, plus leurs chances de guérison sont élevées », a-t-il rappelé.
Le ministre a également alerté sur la poursuite d’enterrements traditionnels sans mesures de protection adaptées, une pratique identifiée comme l’un des principaux vecteurs de transmission du virus.
Le suivi des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés demeure un autre défi majeur. À ce jour, seulement 63 % des contacts identifiés bénéficient d’un suivi régulier, loin de l’objectif de 95 % fixé par les autorités sanitaires.
Pour améliorer cette surveillance, 1 200 relais communautaires ont déjà été formés, dont près de 1 000 sont déployés dans les zones touchées. Leur effectif devrait atteindre 1 300 dans les prochains jours, avant un renforcement plus important prévu au début du mois de juillet.
Ces agents ont pour mission de détecter rapidement les cas suspects, d’assurer le suivi des personnes exposées au virus et d’alerter les équipes médicales afin de freiner la progression de l’épidémie.
Les autorités congolaises assurent enfin que les principaux besoins logistiques sont couverts et que le déploiement des équipements nécessaires à la riposte se poursuit dans les zones affectées.




