Politique & Société

INF Bénin: la campagne nationale des 16 Jours d’activisme contre les violences basées sur le genre officiellement lancée.

L’Institut National de la Femme a lancé à Cotonou l’édition 2025 des 16 Jours d’activisme contre les violences basées sur le genre. Le thème retenu, « Tous unis pour mettre fin aux violences numériques faites aux femmes et aux filles », met en lumière une réalité qui prend de l’ampleur : les agressions en ligne ciblant les adolescentes et les femmes.

Lors du lancement officiel, autorités politiques, diplomates et acteurs de la société civile ont rappelé que le numérique crée de nouvelles formes de violences. Harcèlement, sextorsion, diffusion de contenus privés, campagnes de dénigrement : autant de pratiques qui perturbent le quotidien des femmes, y compris celles qui utilisent le digital pour entreprendre.
La présidente de l’INF, Huguette Bokpè Gnacadja, a insisté sur les obstacles rencontrés par les femmes peu lectrices. Elle appelle à des outils accessibles, adaptés aux réalités locales et capables de renforcer l’autonomie numérique.

Les recommandations issues des travaux préparatoires portent notamment sur l’éducation au numérique, le renforcement du cadre juridique, la création d’espaces sûrs pour les survivantes et la collecte de données fiables. L’INF met aussi en garde contre l’augmentation des violences numériques en période électorale, souvent dirigées contre les femmes engagées en politique.

La secrétaire exécutive de l’INF, Flore Djinou, a présenté les actions prévues pour cette campagne : contenus digitaux sur les réseaux sociaux, émissions radios en langues nationales, mobilisation territoriale, séances de self-défense et un panel dédié à la sextorsion pour libérer la parole et sensibiliser.

La ministre du Numérique, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, a rappelé que pour de nombreuses adolescentes, la première violence est désormais virtuelle. Les chiffres sont alarmants : 99 % des victimes de diffusion non consentie de contenus pornographiques sont des femmes et des millions d’entre elles n’ont toujours aucune protection juridique. Elle salue toutefois l’avancée du Bénin grâce à son cadre légal qui punit explicitement le cyberharcèlement.

La ministre des Affaires sociales, Véronique Tognifodé, souligne que les violences numériques s’ajoutent aux formes traditionnelles de maltraitance, avec des impacts psychologiques majeurs. Elle appelle à une mobilisation collective dans les familles, les écoles, les communautés et les médias pour prévenir et protéger.

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