Politique & Société

Bénin : Talon installe les pilotes du nouveau Fonds d’investissement communal.

Le chantier du financement local franchit une étape décisive au Bénin. Le président Patrice Talon a officiellement nommé les membres du conseil d’administration du Fonds d’investissement communal, un instrument appelé à redéfinir le soutien financier aux collectivités.

Mis en place le 17 septembre 2025 pour remplacer le FADEC, le Fonds d’investissement communal entre ainsi dans une phase concrète. Son conseil d’administration, composé de six membres issus de l’administration centrale et des collectivités, aura la responsabilité d’encadrer la gestion et de fixer les grandes orientations.

À la présidence, Albert Montcho prend les commandes. Représentant du ministère de l’Économie et des Finances, il sera chargé de superviser le fonctionnement du conseil et de veiller au contrôle de la gestion assurée par la direction générale. Il coordonne les travaux, organise les sessions et centralise les informations stratégiques nécessaires à la prise de décision.

Autour de lui, la composition du conseil reflète un équilibre institutionnel. Monhévèdo Prince Audrey Sohou représente également le ministère de l’Économie et des Finances. La Présidence de la République est incarnée par Comlanvi Alain Honou, tandis que Comlan B. Thierry Tonassoumi Tonou siège pour le ministère de la Décentralisation.

Le ministère du Cadre de vie et des transports délègue Mémanton Boni Yalla. Les collectivités locales sont représentées par deux figures municipales désignées par l’Association nationale des communes du Bénin : Luc Gnacadja et Christian Houétchénou. Leur mandat s’étend sur trois ans à compter de leur installation.

Au-delà de sa gouvernance, le Fonds d’investissement communal se positionne comme un outil stratégique. Sa mission principale consiste à soutenir les communes à travers des financements adaptés et un accompagnement technique ciblé.

Le dispositif agit sur plusieurs fronts. Il définit une stratégie nationale du financement local, harmonise les procédures et aide les communes à mobiliser leurs ressources propres. Il joue également un rôle d’intermédiaire entre l’État, les partenaires techniques et financiers, et les collectivités, en facilitant l’accès aux ressources.

L’un des axes majeurs concerne l’accès au crédit. Le Fonds prévoit la mise en place de mécanismes capables d’alléger les conditions d’emprunt : garanties, refinancement, bonification des taux d’intérêt. L’objectif est de rendre les financements plus accessibles et mieux adaptés aux réalités locales.

Le FIC ne se limite pas à injecter des ressources. Il intervient aussi comme régulateur. À travers des mécanismes de solidarité financière, il cherche à corriger les inégalités entre les communes et à favoriser un développement plus équilibré du territoire.

Son action inclut également le renforcement des capacités locales. Les communes bénéficient d’un appui dans la conduite de leurs projets et dans la maîtrise d’ouvrage. En parallèle, le Fonds assure un suivi rigoureux des investissements, en s’appuyant sur la collecte et l’analyse de données pour orienter les décisions.

Avec cette architecture désormais en place, le Bénin amorce une nouvelle phase dans la gestion de ses finances locales. L’enjeu est clair : transformer les ambitions de développement en projets concrets, portés par des communes mieux équipées et mieux financées.

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