La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme a examiné, mercredi 30 avril, le dossier d’un agronome béninois poursuivi pour une publication sur Facebook faisant référence au capitaine Ibrahim Traoré. Le ministère public a requis une peine de douze mois de prison ferme ainsi qu’une amende de cinq millions de francs CFA.
L’homme, placé en détention préventive, est poursuivi pour harcèlement par voie électronique et incitation à la violence. En cause, un message publié sur son compte personnel dans lequel il écrivait : « Il nous faut des Ibrahim Traoré au Bénin ».
Cette publication, rapidement signalée par plusieurs internautes, a conduit à l’ouverture d’une enquête par le Centre national d’investigations numériques. Après son interpellation, l’agronome a été présenté au parquet spécial puis placé sous mandat de dépôt avant son procès.
À l’audience, ses avocats ont contesté les faits qui lui sont reprochés. Ils ont demandé sa relaxe, estimant que la publication ne constituait pas une incitation à la violence et que le doute devait profiter à leur client.
La Cour a décidé de mettre son jugement en délibéré. La décision finale est attendue en juin 2026.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte où la surveillance des contenus publiés en ligne s’est renforcée au Bénin. Depuis l’adoption du Code du numérique en 2018, plusieurs dossiers impliquant des internautes, journalistes et acteurs politiques ont été portés devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme.
Sur les réseaux sociaux ouest-africains, la figure de Ibrahim Traoré continue de susciter de vifs débats, bien au-delà des frontières du Burkina Faso.




