Les autorités burkinabè ont décidé de fermer jusqu’à nouvel ordre la grande mosquée du Mouvement sunnite de Ouagadougou. Une décision qui intervient dans un climat de tension marqué par l’interpellation de l’imam Mohamed Ishaq Kindo et les manifestations de soutien organisées par certains de ses sympathisants.
Dans un arrêté signé jeudi, le gouverneur de la région du Kadiogo, Abdoulaye Bassinga, a ordonné la fermeture immédiate du lieu de culte situé dans la Zone d’activités commerciales et administratives, plus connue sous le nom de ZACA, au cœur de la capitale burkinabè.
Les autorités justifient cette mesure par des risques de troubles à l’ordre public. Selon le document officiel, la fermeture restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre.
Cette décision survient après plusieurs mouvements de protestation déclenchés par l’arrestation de l’imam Mohamed Ishaq Kindo. Face à la montée des tensions, la Fédération des associations islamiques du Burkina ainsi que le Mouvement sunnite ont appelé leurs fidèles au calme et à la retenue afin d’éviter tout débordement.
La veille encore, à l’occasion de la fête de la Tabaski, le gouvernement burkinabè avait insisté sur l’importance de préserver l’unité nationale et la cohésion sociale. Le porte parole du gouvernement avait rappelé que le Burkina Faso demeure un pays « un et indivisible », invitant les citoyens à privilégier le vivre ensemble au-delà des différences religieuses.
L’arrêté de fermeture s’appuie notamment sur plusieurs textes liés au maintien de l’ordre public, à la liberté de réunion et à l’administration territoriale. Son application a été confiée au commandant de la troisième Légion de gendarmerie ainsi qu’au directeur régional de la Police nationale du Kadiogo.
Le document a également été transmis à plusieurs institutions et organisations, notamment au ministère de la Sécurité, à la Fédération des associations islamiques du Burkina et au président du Mouvement sunnite du Burkina-Faso.
Cette affaire continue de susciter de nombreuses réactions dans le pays, où la situation est suivie de près par les autorités religieuses et sécuritaires.



