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Procès en appel : deux chroniqueurs tunisiens maintenus en prison malgré les contestations

La justice tunisienne maintient la pression. La cour d’appel de Tunis a rejeté la demande de libération provisoire de Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, poursuivis pour blanchiment d’argent et évasion fiscale.

Cette décision intervient à l’ouverture de leur procès en appel, dans un dossier sensible suivi de près par plusieurs représentations diplomatiques européennes. Malgré les arguments de la défense, les deux hommes restent en détention, avec une prochaine audience fixée au 28 avril.

Leur avocat, Ghazi Mrabet, dénonce une procédure à caractère politique. Il estime que son client ne présente aucun risque et conteste le fondement même des accusations.

L’affaire s’inscrit dans une séquence judiciaire plus large. Les deux chroniqueurs avaient été arrêtés en 2024 après des prises de position critiques envers le président Kaïs Saïed. Ils avaient ensuite été condamnés sur la base d’un texte controversé lié à la diffusion de fausses informations.

Alors qu’une libération était envisagée après une réduction de peine, de nouvelles poursuites pour infractions financières ont prolongé leur détention. En janvier, ils ont écopé de trois ans et demi de prison en première instance.

Du côté des proches, l’incompréhension domine. Meriem Zeghidi parle d’une procédure injustifiée et dénonce une situation qu’elle juge inacceptable.

Au-delà du cas individuel, cette affaire ravive les inquiétudes. Plusieurs organisations de la société civile pointent une détérioration du climat des libertés en Tunisie depuis les mesures exceptionnelles prises en 2021.

Entre enjeux judiciaires et tensions politiques, ce dossier continue de susciter une forte attention, aussi bien au niveau national qu’international.

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