La situation humanitaire continue de se détériorer au Soudan du Sud, particulièrement dans l’État de Jonglei, où des milliers de familles font face à une crise alimentaire d’une ampleur alarmante. Selon l’ONG Save the Children, les violences persistantes et les inondations ont plongé plusieurs communautés dans une situation de survie extrême.
Dans certaines localités, des parents et leurs enfants n’ont plus accès à une alimentation suffisante. Pour tenter de survivre, ils consomment des feuilles sauvages, des nénuphars et parfois même les semences normalement destinées aux prochaines cultures. Une situation qui illustre la gravité de la crise qui frappe cette partie du pays.
Selon l’organisation humanitaire, l’aggravation de l’insécurité a fortement perturbé les opérations d’assistance. Après plusieurs attaques et actes de pillage, Save the Children a dû suspendre certaines de ses activités et déplacer une partie de son personnel, notamment dans les zones d’Akobo East et de Walgak.
Sur le terrain, les populations se retrouvent souvent isolées et privées d’aide. De nombreuses familles parcourent de longues distances dans des zones inondées pour trouver de la nourriture ou de l’eau. Cette crise a également de lourdes conséquences sur l’éducation. Des milliers d’enfants ont quitté les salles de classe, tandis que d’autres sont contraints de travailler pour soutenir leur foyer ou sont exposés à des risques accrus de mariage précoce.
Les dernières données du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) montrent que la situation reste extrêmement préoccupante. Plus de 7,8 millions de personnes souffrent actuellement d’insécurité alimentaire aiguë au Soudan du Sud, avec plusieurs zones du Jonglei confrontées à un risque élevé de famine.
Les enfants figurent parmi les premières victimes de cette crise. Des centaines de milliers d’entre eux souffrent déjà de malnutrition aiguë sévère et nécessitent une prise en charge médicale urgente. Face à l’ampleur de la situation, les organisations humanitaires appellent à une mobilisation rapide afin d’éviter une catastrophe encore plus grave dans les mois à venir.




